Troubles alimentaires

De nos jours, nous sommes bombardés de messages sur l’apparence, souvent avec la promesse que nous nous sentirons mieux si nous la modifions et la pression est forte pour s’y conformer. Ces sources d’influence – les médias, les réseaux sociaux, les industries de régimes alimentaires et du conditionnement physique, ainsi que la famille et nos pairs – ont contribué à généraliser les troubles alimentaires au Canada et ailleurs dans le monde. Les formes les plus graves des troubles alimentaires peuvent mener à des diagnostics. Cette section décrit les troubles alimentaires, les signes et les symptômes ainsi que les différentes options de traitement.

Les troubles alimentaires sont un groupe de troubles de santé mentale complexes et importants. Ils ont des répercussions psychologiques et physiques et certaines peuvent être permanentes voire mortelles. Bien qu’il existe de nombreux préjugés sur le sujet; les gens ne choisissent pas d’avoir un trouble alimentaire et ils peuvent être causés par plusieurs facteurs. Les comportements alimentaires malsains qui caractérisent les troubles alimentaires sont souvent l’expression d’un mécanisme d’adaptation pour composer avec des problèmes émotionnels sous-jacents. Les différentes options de traitement des troubles alimentaires comprennent: nourrir convenablement le corps, réduire ou supprimer les comportements compensateurs et suivre une psychothérapie. Les comportements compensateurs sont des comportements adoptés par les personnes atteintes de troubles alimentaires pour prévenir la prise de poids. Avec un traitement précoce et du soutien, plusieurs personnes se rétablissent et vivent une vie saine.

L’anorexie mentale, la boulimie et l’hyperphagie boulimique sont quelques-uns des troubles alimentaires. Il existe une autre catégorie qui est souvent utilisée par les professionnels de la santé nommée « autres troubles spécifiés de l’alimentation et des conduites alimentaires » (ATSACA).

L’anorexie mentale (AM) est caractérisée par la restriction de l’apport alimentaire comparativement aux besoins de l’organisme. Les symptômes comprennent des comportements répétés pouvant mener à un très faible poids, une peur intense de prendre du poids ou de devenir gros et le déni de la gravité de la situation. Les personnes atteintes d’AM ne perçoivent pas leurs poids et leur image corporelle de la même façon que les gens qui les entourent. Elles peuvent accorder une importance démesurée au poids ou à l’image corporelle dans leur évaluation d’elles-mêmes. L’AM peut présenter des variations :

  • sous type restrictif : lorsque la restriction de l’apport alimentaire est le seul symptôme
  • sous-type hyperphagique/purgatif : lorsqu’il y a également des comportements compensateurs (voir des exemples de comportements compensateurs ci-dessous)

Les symptômes de la boulimie mentale sont des épisodes hyperphagiques, des comportements inappropriés récurrents qui suivent une frénésie alimentaire destinée à prévenir le gain de poids (vomissements volontaires, exercice physique extrême, restriction de l’apport alimentaire ou jeûne, emploi abusif de laxatifs, de diurétiques ou d’autres médicaments), mauvaise perception de leur poids et de leur image corporelle et grande attention accordée au poids et à l’image corporelle.

Les symptômes de l’hyperphagie boulimique comprennent des épisodes hyperphagiques récurrents, mais sans les comportements compensateurs de la boulimie mentale. Les personnes atteintes d’hyperphagie boulimique éprouvent beaucoup de détresse à cause de l’hyperphagie et les épisodes sont associés à au moins trois des comportements suivants :

  • Manger très rapidement.
  • Manger jusqu’à se sentir mal ou à avoir mal.
  • Manger de grandes quantités de nourriture malgré les signaux de faim et de satiété.
  • Manger seul en raison de la honte ressentie par la quantité de nourriture consommée.
  • Se sentir dégoûté par soi-même, déprimé ou très coupable.

Les autres troubles spécifiés de l’alimentation et des conduites alimentaires (ATSACA) peuvent ressembler à l’anorexie mentale, à la boulimie mentale et à l’hyperphagie boulimique sans en présenter tous les symptômes. Par exemple, la fréquence des épisodes d’accès hyperphagie et des comportements compensatoires est moins élevée que celle définie pour la boulimie mentale. Les personnes souffrant d’ATSACA peuvent également ressentir de la détresse et subir des répercussions importantes sur leur santé et leur vie, par exemple dans leurs relations, leur emploi ou leur éducation.

N’importe qui peut développer un trouble alimentaire. Si cela vous arrive, vous n’en êtes pas responsable. Les gens ne choisissent pas d’avoir des troubles alimentaires. Bien qu’ils soient plus fréquents chez les femmes, ils peuvent également toucher des hommes, ainsi que des personnes de divers milieux socio-économiques ou origines culturelles. Ils se manifestent le plus souvent à l’adolescence, mais peuvent se développer à tout âge.

Plusieurs facteurs augmentent le risque de développer un trouble alimentaire. Notons les traits de personnalité comme le perfectionnisme, l’anxiété et une faible estime de soi ainsi que des facteurs génétiques et environnementaux.

Il existe des traitements efficaces pour les troubles alimentaires. Le traitement peut prendre la forme de consultations individuelles avec un clinicien ou une équipe de soins externes, de programmes de groupes ambulatoires ou de programmes pour patients hospitalisés. Les gens souffrant d’un trouble alimentaire devraient, au minimum, consulter un clinicien en santé mentale, un nutritionniste et un professionnel de la santé.

Étant donné que les troubles alimentaires peuvent perturber toutes les sphères de la vie, le meilleur traitement résulte d’une implication multidisciplinaire. Une équipe comme celle-ci pourrait comprendre un psychologue, une nutritionniste, un ergothérapeute, un physiothérapeute, un travailleur social, une infirmière, une infirmière praticienne, un médecin, un psychiatre et un pair aidant.

Plusieurs méthodes sont utilisées pour traiter les troubles alimentaires : la thérapie cognitivocomportementale, la thérapie dialectique comportementale, la thérapie familiale, la nutrition et les soins médicaux.

Étant donné que les troubles alimentaires sont des maladies complexes, le traitement peut aussi s’avérer complexe. Vous éprouvez peut-être des sentiments mitigés à l’idée de demander de l’aide. Il existe des services pour vous aider, ou aider quelqu’un que vous connaissez, à en apprendre davantage sur les troubles alimentaires et à explorer les possibilités de traitement adapté à votre situation. Les résultats sont souvent plus concluants lorsqu’une personne reçoit le traitement qui lui convient assez rapidement.

Si vous pensez que vous ou un de vos proches souffrez d'un trouble alimentaire, consultez la page « répertoire de services » pour vous connecter aux services locaux de santé mentale et traitements des dépendances.

Oui. Les familles et les proches peuvent être touchés de plusieurs façons par les troubles alimentaires. Les proches peuvent obtenir des renseignements sur les troubles alimentaires et recevoir eux-mêmes du soutien. Ainsi, ils seront mieux outillés pour vous accompagner dans votre traitement et dans votre rétablissement.